M. Burge, Constance. Charmed (les 8 saisons)

Posté le 30/03/2010 par Draaki

L'intégrale de la série dans un coffret sous forme du Livre des Ombres

A la mort de leur grand-mère qui les a élevées, Prue, Phoebe et Piper découvrent que celle-ci ne leur a pas fait part d’une partie de leur héritage. Elles sont sorcières, tout comme toute leur lignée maternelle. Prue a le pouvoir de télékinésie, Piper celui de figer le temps, et Phoebe celui de prémonition. Et lorsqu’elles sont toutes les trois, elles bénéficient du « pouvoir des trois », qui d’une part leur donne accès au livre des ombres, grimoire répertoriant toutes les expériences, rencontres et recettes de leurs ancêtres, et d’autre part leur confère une plus grande puissance d’exécution de sort. Leur mission est simple, protéger les innocents et détruire les méchants (sorciers, démons, monstres…).

L’univers de la série est structuré comme étant le monde normal (la plupart des épisodes se situent à San Fransisco où elles habitent) dans lequel interfèrent des êtres du monde magique (situés soit dans des dimensions parallèles, soit dans le monde sous terrain). Le schéma classique d’un épisode débute par la protection d’un innocent d’une chose qui ne semble pas naturelle (la collaboration des sœurs Halliwell avec la police leur donnera d’ailleurs pas mal de cas à traiter), ou la protection de leur pouvoir des trois, qui donne lieu à nombre d’attaque de la part des démons. Une fois la source du problème identifié, il s’agira de mettre en place la tactique pour éliminer le méchant avec une formule bien sentie. Leur vie de famille et leur désir d’avoir une vie normale sert de fil rouge à la série, puisque bien évidemment, elles ne tomberont pas amoureuse si facilement de type normaux, et être une sorcière tout en menant une carrière professionnelle n’est pas aisé. (Certains sites donnent le résumé de chaque épisode pour approfondir la question).

C’est une bonne petite série pour qui est bon public et aime le surnaturel. Il faut également pouvoir supporter le côté romance et atermoiement sur le thème « dur dur d’être une sorcière », mais pour ceux qui rêvent facilement, c’est une aubaine pour lancer des boules de feu pendant la nuit.

Les personnages sont naturellement caricaturaux. Shannen Doherty, qui a déjà fait ses preuves de tête à claque dans Beverly hills, convient parfaitement pour l’aînée chiante à prendre toutes les responsabilités. Pour ceux qui n’aiment pas le personnage de Prue, passez direct à la saison quatre, elle meurt au dernier épisode de la saison trois (ça tombe bien, son nom est imprononçable par les français). Holly Marie Combs joue Piper, la cadette diplomate à l’excès et plutôt réservée, c’est d’ailleurs elle qui a les décolletés les moins plongeants. Elle passe une grande partie de son temps à se plaindre d’être une sorcière et des répercussions que cela a dans sa vie. En même temps, elle cherche un peu la merde à se marier avec leur être de lumière, Léo (une sorte d’ange) et à pondre deux gamins plein de pouvoirs magiques. Alyssa Milano (oui, la petite de Madame est servie) interprète la benjamine tête en l’air et grande gueule. Ses nombreux changements de coupe de cheveux et de look sont bien pratiques pour se repérer dans les nombreuses rediffusions bordéliques. A partir de la quatrième saison apparaît Rose McGowan (qu’on a vu arborer une mitrailleuse en guise de prothèse dans Planet Terror) en demi sœur disparue qui arrive à point pour garder le pouvoir des trois. C’est finalement celle dont le personnage est le plus digeste (malgré les rouges à lèvres flashis), vu qu’elle est tout le temps de bonne humeur.

Il y a plein de bonnes raisons pour regarder cette série. Ça détend le neurone, et on peut regarder allègrement les épisodes dans le désordre sans être trop perdu. Il y a une belle galerie de méchants, et bien que généralement humanoïdes, les maquilleurs doivent bien se marrer sur les masques et autres prothèses démoniaques des vilains. Les gentils gagnent toujours (même si on peut les trouver parfois longs à la détente) et on retrouve le slogan de Spiderman « un grand pouvoir amène de grandes responsabilités ». Les intrigues se tiennent, et abordent même quelques problématiques amusantes, dans le genre que se passerait-il si ? Si Pheobe développait un pouvoir d’empathie, si Leo devenait flemmard, si Piper utilisait son pouvoir à des fins personnelles… Un peu d’autodérision par ci par là, ça ne fait jamais de mal.

Il y a pourtant aussi de bonnes raisons de ne pas regarder cette série. On regrette des fils rouges un peu tirés par les cheveux, ou qui traînent en rebondissements (au bout de la énième réapparition de Cole, ça lasse, enfin à part pour les fans de Julian McMahon, l’interprète des deux de Nip/Tuck). C’est plutôt manichéen, et le fait que les gentils gagnent toujours ne plaît pas à tout le monde, et gâche souvent le suspens. Le fameux pouvoir des trois qui finit invariablement par vaincre l’adversité semble sortir de nulle part, et la complexité d’écrire un pauvre poème en guise de formule magique ne saute pas aux yeux. Bref, certaines pirouettes scénaristiques sont carrément limites.

Regarder cette série dépend donc de l’humeur du moment, de la tolérance aux dialogues futiles, de l’envie de voir des démons exploser dans un nuage de flammes et surtout, de la rediffusion, car pousser le vice à acheter les coffrets DVD, je n’irai pas jusque là…

Les trois soeurs "originelles"

La petite nouvelle

Le grenier, un décor très réussi, à l'instar des autres pièces. C'est là que se trouve Le Livre des Ombres

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