Raimi, Sam. 2009. Drag Me to Hell

Posté le 05/04/2010 par Senhal
Une belle jaquette

Une belle jaquette

Tout comme dans La Peau sur les os de Stephen King, dans Drag Me to Hell, il ne ressort rien de bon à contrarier les vieilles gitanes. L’inspiration du réalisateur semble assumée, puisque la jeune fille de son film est une ancienne obèse, autrefois élue reine des truies.

Après ses Spiderman, Sam Raimi retourne aux sources pour nous livrer un film horrifique jubilatoire, où la maîtrise de la tension vous fera sursauter d’angoisse et rire deux secondes plus tard d’un élément horriblement grotesque ou ridicule. Un mélange audacieux parfaitement dosé où on rigole d’avoir peur en ayant les chocottes quand-même.

Pour l’histoire, elle commence par une très belle intro quelques décennies en arrière où l’on voit un gamin qui a volé un collier à des gitans, se faire emporter par un démon cauchemardesque dans les Enfers : le Lamia.

L’histoire tourne autour du sortilège, qui consiste, pour la victime, à accepter un cadeau de la part du jeteur de sort. Pour le gamin de la scène introductive, c’est le collier que celui-ci a volé et que les gitans refusent de lui reprendre. Pour l’héroïne du film, Christine, c’est un bouton de la manche de son manteau, que l’initiatrice de la malédiction lui a arraché puis rendu. La victime, suite à cela, est tourmentée pendant trois jours par le Lamia (cela commence par des voix), avant qu’il emporte la victime dont il réclame l’âme.

Tout le film a pour fil conducteur la tentative, de la part de l’héroïne, de se débarrasser de sa malédiction, bien que le scénario soit traversé de quelques questions morales : la responsabilité individuelle et la responsabilité collective, l’importance de sa propre vie plutôt que celle des autres.

La première sorcière du film, Shaun San Dena, est une désorceleuse, elle affronte le Lamia pour tenter de sauver le garçon du début de l’histoire, mais elle échoue. Elle tente de nouveau sa chance à la fin, pour sauver Christine et se venger du Lamia. Ses méthodes procèdent de la science des esprits. Sa maison est construite selon une orientation particulière et elle invoque les esprits en les faisant entrer en elle, autour d’une traditionnelle table ronde avec les autres participants au rituel, qui lui donnent la main.

La deuxième sorcière que l’on rencontre est la vieille gitane qui maudit Christine. Mais est-ce une vraie sorcière ? Le film semble dire que les gitans en général sont une entité sorcière. En tant qu’actante dans la malédiction, c’est une sorcière, elle sait les gestes à effectuer et les paroles à dire pour mettre le démon en chasse de Christine et n’ignore rien de ce qui va se passer. Par contre, si elle meurt, la malédiction lui survit : elle n’est que son instigatrice, elle ne la régit pas. En un sens, cela la rapproche de la traditionnelle sorcière de campagne, sensée signer un pacte avec Satan… mais Satan reste le maître d’œuvre. En outre, le personnage est vraiment réussi, c’est une vieille à vous glacer les sangs !

La maison de Shaun San Dena. Le Lamia s'amuse bien, dans le corps d'un des protégés de la spirite

Shaun San Dena, habitée par l'esprit du Lamia.

La cauchemardesque Mme Genush

Une réponse to “Raimi, Sam. 2009. Drag Me to Hell”

  1. Spooky Says:

    Ben euh moi je… :
    Sam Raimi, après être devenu un entertainer de toute première force avec les trois Spider-Man, revient à ses premières amours, les films de peur à petit budget. C’est tout à son honneur, lui à qui Hollywood a ouvert les portes des blockbusters, des marches de la gloire. Seulement voilà, Raimi a changé. Il n’est plus cet étudiant rigolard qui tartinait d’hémoglobine ses acteurs découpés par des sécateurs. Et ça se sent dans son dernier film. Co-écrit avec son frère, celui-ci manque singulièrement d’âme, à mon sens.

    En fait le film semble hésiter tout du long entre le premier degré, avec sa façon de filmer très sérieuse, très appliquée, et le 128ème, et des scènes surjouées, des poses ou des situations absolument ridicules. C’est l’esprit de la série Z, me direz-vous. D’accord, sauf que dans les séries Z, c’est soit l’un, soit l’autre. Soit vous vous pissez dessus de rire, soit vous avez le trouillomètre à zéro parce que le mec derrière la caméra est un putain de réalisateur et qu’il a un putain de scénariste pour verrouiller son récit. Là ce n’est ni l’un ni l’autre. Les scènes de peur sont diablement (ahahahah) efficaces, on a vraiment des frissons dans le dos, Raimi n’est plus le rpemier venu dans le genre ; et puis juste après, du grand guignol. C’est dommage, car je me plaçais sur un cheminement « sérieux » au vu de la première partie du film. Au niveau du casting, Raimi a fait appel a des acteurs relativement peu connus, hormis Alison Lohman (vue pour ma part le même jour dans « La Légende de Beowulf »), actrice assez jolie mais pas à tomber, qui joue relativement bien, mais sans être exceptionnelle non plus.

    Bref, un film mi-figue mi-raisin, qui a pour principal tort d’avoir le cul entre deux chaises. Et pour une histoire aussi banale au final, c’est assez décevant.

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